Les livres de cuisine ont-ils vraiment du succès ?


L’édition de livres de cuisine est depuis longtemps un secteur pionnier : dans les années 2000, alors que le reste de l’industrie de l’édition était en crise, il était en plein essor », explique Sidonie Nolin, maître de conférences en sociologie à l’Institut d’études politiques de Grenoble et chercheuse au Pacte. Mais à la fin de 2010, ses revenus avaient fondu comme neige au soleil. Selon l’Association nationale des éditeurs, le secteur de l’édition « alimentation, boisson et cuisine » a généré 69 millions d’euros de revenus supplémentaires en 2018, contre 90 millions d’euros en 2010.

Est-ce l’internet ?

Il faut dire qu’Internet est un nouveau média qui a rejoint les livres de cuisine traditionnels imprimés et reliés. Les débutants, les amateurs et les cuisiniers amateurs publient désormais leurs recettes de cuisine en ligne dans un but pédagogique et illustratif, et surtout en profitant des caractéristiques de l’environnement en ligne : vidéo, audio et interaction entre l’auteur et le lecteur.

Des blogueurs tels que Jacqueline Mercorelli (Mercotte), Cléa Cuisine, Anne Lataillade (Papilles et Pupilles),… et d’autres blogueurs sont devenus de véritables stars.

Peut-on supposer qu’il existe un lien de causalité ? Alors que les blogs et les médias en ligne se développent, les livres de cuisine ne se développent pas aussi vite qu’avant. Devrions-nous nous inquiéter de leur disparition ? Il est difficile de croire que, chaque année, le nom d’un nouveau chef apparaît sur la couverture d’un livre de cuisine.

Chaque époque et son livre de cuisine

Les livres de cuisine existent depuis longtemps, pendant un long moment. Mais au fil du temps, ils ont évolué, leur style et leur popularité ont fluctué. La littérature culinaire fait partie de notre histoire, des festins sophistiqués à la cuisine romaine, en passant par la cuisine familiale des années 1950 et les blogs modernes.

Dans les années 1930, par exemple, les recettes des livres de cuisine et des magazines adoptaient une approche très traditionnelle, axée sur le terroir. Le public cible était principalement constitué de femmes au foyer cuisinant pour leurs épouses et leurs enfants. Les traités sont didactiques, peu attrayants, très bavards et sans illustrations.

 

Le livre Je sais cuisiner de Ginette Mathiot (Albin Michel) a été publié en 1932 et a connu 53 éditions, devenant un best-seller avec plus de 7 millions d’exemplaires vendus.

Comme Les recettes faciles de Françoise Bernard (Hachette Pratique) (1965 – réédité en 2015), c’est un vrai livre domestique, publié à une époque où les femmes s’intéressaient de moins en moins à la cuisine. » Françoise Bernard a déclaré à l’époque : « Lorsque la guerre s’est terminée, nos mères n’avaient rien à nous apprendre car elles n’avaient aucun savoir-faire. Découvrir des bons plans sur leschatstoques.com.

De l’économie domestique aux loisirs culinaires

Les livres de cuisine ont évolué avec le statut de la femme. Elles travaillaient, quittaient la maison et avaient encore moins de temps pour cuisiner, pour leur art culinaire. Sidney Norlin se penche sur le développement du magazine Food and Wine, publié pour la première fois en 1927. À partir des années 1970, les magazines se concentrent sur les femmes et suivent les tendances. Il donnait des conseils sur ce qu’il fallait acheter. Vers 1980, il a réduit les recettes et est devenu un magazine d’actualité. Il couvrait les nouvelles, les problèmes et les critiques de produits et de fabricants. Les recettes ont été remplacées par des histoires. La cuisine est devenue un loisir. Dans le même temps, une nouvelle gastronomie du monde émerge, menée par les critiques gastronomiques Henri Gaulle et Christian Milhaud, utilisant des produits locaux frais et de qualité. Des chefs emblématiques tels que Paul Bocuse se sont fait connaître du grand public. Les magazines de cuisine et de gastronomie fleurissent.

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